
Ce matin, j'ai couru. Non pas parce que j'etais en retard, mais parce que j'avais juste envie de courir. Fuir. J'ai couru, bizarrement plus vite que d'habitude, et je n'ai meme pas eu mal, ou peut-être que si, mais ça n'avait sûrement pas d'importance. J'ai manqué de me faire écraser par une voiture en traversant surement aussi. Je ne sais plus. Dans ma tête il y avait come up de the Devics.
J'ai continué à fuir. Et dans ma fuite je ne pensais à rien, ni au lieu, ni aux gens, ni au reste. Et finalement, comme toute machine, j'ai été mécaniquement guidée vers la gare. Et là, Le vide. Pas sur le quai, simplement en moi. Les gens passaient, repassaient, et moi, je me sentais seule dans cet endroit grouillant de monde. J'étais enfermée dans ma propre tête, et dans cette tête il n'y avait rien, à part quelques fantômes de mes souvenirs de la veille. Si les gens avaient jeté un regard sur moi, ils n'auraient rien vu d'autre que du noir. J'avais l'impression d'être en deuil. Personne n'est mort, à part ce qui restait de mon âme.
Et s'ils avaient posé un regard sur mes yeux, ils n'aurait rien vu d'autre que deux globes humides. C'était à cause du froid. Et à l'interieur, j'étais noyée par mes larmes, du liquide froid mais qui te brûle à son contact. Ca fait Mal. Là est le châtiment.
J'ai l'impression de desaouler. Ca me revient maintenant. J'ai tout détruit. Il n'y a pas d'autre mot : la destruction. De Lui, de Nous, de Moi. Je n'ai rien touché de mes mains, j'y ai juste déposé des mots. Et des mots qui font Mal.
Pourquoi le Mal ? Pourquoi ça en tous les hommes ? Vous savez aujourd'hui en cours d'Anglais, on nous a mis un film : "Le droit de tuer?". Nous n'avons pu voir que le début, et ce film m'a retourné l'estomac. L'histoire se situe aux Etats-Unis, au Mississipi. La ségrégation raciale. L'homme parmi tant d'autres, dans ce qu'il sait faire de pire : Le mal. Si ces hommes ont été capable de faire autant de mal, on en est tous capable. On n'est capable de faire le pire, s'en prendre à nos semblables, et par extension à nous-même.
Ce genre de film sur les hommes me dégoûte. L'humanité elle même me dégoûte. Je me dégoûte.
A l'adolescence, beaucoup se dise "Je ne m'aime pas". Souvent ce n'est qu'une histoire de nez ingrat ou autres choses superficielles. Mais est-ce qu'ils se detestent vraiment? Est-ce qu'ils sont dégoûtés par ce qu'ils sont, par ce qu'ils font ? Avez-vous déjà été ecoeuré par votre personnalité ? Par votre façon de penser, d'agir ?
Moi, carrément que oui. Par orgueil beaucoup ne se l'avoueront pas. Moi je ne suis pas fière de ce que je suis.
Humaine, simplement Humaine. Je ne peux plus regarder les infos à la télé, ni lire des livres sur les horreurs de la guerre 39-45, ni tout autre chose de ce genre là. J'ai la nausée, une envie de vomir tout le Mal qui règne en moi. Je n'y arrive même pas. Il fait partie de Moi, peut-être de vous.
A ce stade là de la connaissance de moi-même, je me dis alors, si je suis mauvaise, je ne merite rien d'autre que d'être punie pour cela. Je vais souffrir, encore et encore, m'autoflageller. Chez moi, ça se manifeste par l'acte de faire du Mal. Une vision certe sado-masochiste. Mais faire du mal à des gens à qui je tiens, en general le plus. Je vous l'accorde, c'est completement paradoxal. Mais c'est ainsi. Je suis une antithèse. Je vais leur faire du mal parce que je sais que je me ferai mal. Mais souvent dans ces cas là, la pensée ne suit pas. Il n'y a pas de reelle volonté de faire du mal, juste le corps contaminé par le Mal qui parle. Mais, le Mal est fait, le Mal a fait. Après avoir répondu à sa pulsion, le corps laisse place à l'esprit, et à la culpabilité. C'est un cercle plus que vicieux, malsain, destructeur. Après le corps viendra l'âme. Chez moi je crois qu'il a déjà commencé à la ronger.
Le vrai Mal ne se manifeste pas seulement par une douleur physique. Le corps est assez prodigieux pour reparer. Le vrai Mal se logera dans votre esprit, et vous enlevera petit à petit toute l'envie de continuer à le laisser vous détruire mentalement. C'est une maladie presqu'incurable si on atteint le stade final. Ce stade final qui est le fait pur et simple d'avoir volontairement fait du mal à quelqu'un, justifié ou non. La violence en est sa manifestation. Il peut s'agir de violence physique, ou verbale. Parfois quelques mots suffisent, et souvent des mots banals comme "cette fille est laide" prennent toutes les couleurs de la violence.
Les plus courageux d'entre nous chercheront à s'en faire pardonner. La guerison n'est peut-être pas si loin.
Ce Vide donc, n'est que du Mal, peut-être pas forcement venant de vous même, parfois d'un autre, qui en quelques gestes aura tout balayé pour peindre les murs de la couleur du Mal, couleur "Souffrance". Le mal, c'est contagieux.
Revenons à ma journée, mon amie et voisine habituelle est malade, elle n'était donc pas là. Je peux certes la plaindre parce qu'elle est souffrante, mais je la remercie de m'avoir laissée seule. Certains pensent que la solitude n'apporte rien. Moi j'aime être seule, simplement parce qu'ainsi je prends le temps de faire la tour de ma vie. Je me retrouve dans mon Vide face au Mal, mais surtout à moi-même. Et là, je me rends compte, que toute la rancoeur que j'ai éprouvé contre tous les gens qui m'ont fait du mal s'est retournée contre moi. Ils ont déposé le germe, je l'ai laissé se developper. Je suis devenue le tyran de ma propre vie.
Et pourtant mon esprit et mon âme ne sont pas completement atteints, pas encore. Certains diront de moi que je suis gentille, même moi je le dis. Simplement je le suis quand mon esprit est ouvert. Je peux à ce moment là tout encaisser. Tant pis pour vous si un jour je suis fatiguée et que les paroles iront plus loin que ma pensée profonde. Je suis une bombe à retardement, un chat qu'il faut caresser dans le sens du poil, une drogue qui fait du bien sur le coup, et du mal sur le long terme. Mon côté lunatique vient sûrement de là. J'ai écrit tout ça sous l'impulsion du Mal. J'ai voulu me donner une raison d'avoir fait du mal autour de moi au cours de ma petite vie. Finalement je n'en ai trouvé aucune. Je dirais simplement alors, que je m'excuse simplement pour tout, pour être Moi. J'ai décidé de guérir. Je ne ferai plus de mal aux autres, surtout à Lui. Et s'il m'arrivait de souffrir à nouveau, tant pis.
A vous tous, fuyez tant qu'il est encore temps.
P.S: ce texte n'est pas un blâme contre l'Humanité et son principal fléau, mais presque.
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