
Salut, moi c'est Noëlle, comment ça va ?
Il est si bon quand même, de pouvoir dire ça chaque jour, je ne sais pas, c'est une sensation indescriptible que de se sentir vivant à travers ces quelquemots, une identité, un questionnement, parmi tant d'autres.
Brefons. Semaine riche en rebondissements mais qui m'a parue tellement banale. C'est triste à dire, on appelle ça la routine.
Papa et maman sont rentrés, j'ai repris les cours du dimanche matin, mon hibernation touche à sa fin.
J'ai passé mon week end à regarder des films, à ecouter come on de The little heroes et d'autres chansons dans le meme genre, à parler avec Doudou de nos vies et de notre vie, à dormir, à manger. Que c'est bon les week end quand même.
Je suis si bien dans ma bulle. L'avenir me fait peur, et le temps passe vite, si vite, je n'ai le temps de rien dire, de ne rien faire, de ne rien comprendre. J'aurai aimé avoir le temps de le passer avec tous. C'est une belle expression , passer du temps avec quelqu'un, mais à vrai dire, ce n'est pas nous qui passons le temps, c'est le temps qui passe sur nous, en nous, autour de nous
Le temps court, et nous après lui. La vie n'est qu'une course contre la montre, quand on va trop vite on s'écrase, quand on va trop lentement il faut rattraper le retard et même quand on court avec lui il trouve le moyen de nous narguer. Et un jour il nous abandonnera, et ça sera la fin.
Le temps passe, et les gens aussi. Finalement on se demande qui restera à courir avec nous, qui prendra un autre chemin. Et la peur nous reprend, celle de se retrouver seul face à nous même et face à ce faux ami qu'est le temps. On ne le dominera jamais, il nous aura toujours. Et nous, nous n'avons jamais le temps, il ne se laisse pas posséder.
Et le temps nous sépare de trop de personnes, sans jamais savoir si on va les retrouver un jour.
Un jour, une vie, tout n'est qu'une question de temps.
Et avec le temps, tout change, notre age, notre visage, nos objets, nos cv, et les gens qui nous entourent. Nous changeons avec le temps.
Et pour ceux, adeptes comme moi, qui n'aiment pas le changement, qui essayons désespérement d'attraper ce temps et de le figer pour toujours, qui couchons tous les moments passés dans nos vies dans des souvenirs, sur du papier glacé, avec des mots, peut-être une mélodie.
Mais tout est tellement réchauffé, limite froid, des souvenirs de vacances au soleil et en famille, des photos de cette meme famille, et d'autres proches, des mots doux, des mots blessants, et cette melodie, toujours la meme, les murmures de mon âme d'enfant.
Alors, recherchant un peu de chaleur, on va finir par accepter. Accepter le changement, et courir apres le temps, comme tout le monde.
Et se retrouver, dans cette foule d'inconnus, au lycée, à la gare, au bout de la rue, dans un parc, à la plage, dans un magasin, et tous les autres endroits où on a eu de bons souvenirs. Et parmi tous ces gens, les regarder et leur dire: "Salut, Moi c'est Noëlle, comment ça va ?"
Une phrase d'usage, intemporelle, qui ne changera jamais.
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